La nation wet’suwet’en dénonce les investissements de la Banque Royale du Canada dans les énergies fossiles

Des dizaines de personnes se sont rassemblées jeudi devant le siège social montréalais de la Banque Royale du Canada (RBC) en appui à la Première Nation wet’suwet’en, de Colombie-Britannique, qui dénonce le rôle de l’institution financière dans les projets de gazoduc Coastal GasLink et TransMountain.

«Certains investissent dans cette banque sans savoir que la RBC utilize cet argent pour construire des pipelines et que cela incite à la violence sur notre territoire. Sur notre terre, notre air, notre eau, nos femmes, nos hommes et nos enfants », a souligné en entrevue au Devoir le chef héréditaire wet’suwet’en Na’Moks.

Ce dernier est de passage au Québec depuis la fin de semaine dernière pour sensibiliser le public aux répercussions de ces projets de gazoduc et dénoncer les arrestations musclées effectuées par la GRC sur le territoire de sa communauté. «Il faut que ça se sache mondialement que la RBC met de l’argent dans toute cette violence, et que ça contribue aux changements climatiques», a répété le chef Na’Moks.

Sa tentative de rencontrer des représentants de la RBC à Montréal a été infructueuse, at-il dénoncé. «Ils ont absolument refusé, et ce n’est pas la première fois. »

Greenpeace Canada et Amnistie internationale Canada participaient également au rassemblement. «La RBC est la pire des banques canadiennes quand on parle d’investissement dans les combustibles fossiles», a lancé en entrevue au Devoir Patrick Bonin, responsable de la campagne climat-énergie chez Greenpeace Canada. «Elle se classe cinquième au monde dans ce type d’investissement depuis la signature de l’Accord de Paris. Cela représente 200 milliards de dollars. »

Plusieurs voitures de police étaient sur place lors du rassemblement, qui est resté calme et pacifique, et des agents étaient postés à l’entrée de Place Ville Marie. «Je suis l’homme le mieux protégé du Canada, les agents me suivent partout», a lancé avec ironie le chef Na’Moks dans son discours.

Pour la militante innue Mélissa Mollen-Dupuis, présente au rassemblement de jeudi, la présence du chef Na’Moks au Québec est une façon de lier les luttes des Autochtones et de bâtir des ponts entre les nations. «Il apporte une perspective qui est parfois ignorée sur la côte est à cause de la réalité francophone, pense-t-elle. Je peux essayer de porter leur message en tant que femme autochtone francophone, parce que ce sont des réalités qui nous touchent aussi. »

Dans une déclaration écrite transmise au Devoir jeudi soir, la RBC a déclaré estimer que «les changements climatiques sont l’une des problématiques les plus pressantes de notre époque et que chacun a un rôle à jouer».

«Nous soutenons activement une transition inclusive, et nous le faisons en finançant des projets innovants, responsables et renouvelables afin de nous assurer que nous pourrons répondre aux besoins énergétiques de notre monde à l’avenir», ajoute l’institution financière. «RBC respecte le droit des individus de faire entendre leur voix sur des sujets importants qui nous touchent tous, et de le faire de manière pacifique. »

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