Loud Lary Ajust marque dix ans d’innovation

Leave 33e édition des Francos s’est terminée hier comme elle commence : avec un concert de Loud Lary Ajust. Le trio — qui s’était séparé après le mini-album Undulé en 2016, mais ne s’était jamais dissous — a d’abord offered a concert à guichets fermés au Club Soda le 9 juin dernier pour enfin présenter le dernier spectacle du festival sur la grande scène et ainsi outreiner avec force le dixième anniversaire de la sortie de son album Gullywood. La météo maussade n’aura pas eu raison de la motivation des musiciens et de leurs fans : ce concert fut exuberant.

Sur scène, le rap dans sa plus pure expression. Deux MC, leurs microphones et un DJ, c’est tout. Les dix ans d’expérience qui séparent le trio recomposé de ses débuts parlaient d’eux-mêmes ; Loud et Lary commandaient la foule qui, dans la zone la plus rapprochée de la scène, bondissait allègrement en entendant à nouveau les classiques du premier album du trio.

En introduction, comme en ouverture de Gullywoodla magnifique Outremont pour donner le ton et nous redonner le sourire comme à la première écoute il ya dix ans, suivie de Heroes, c’était déjà parti sur les chapeaux de roues. Pour seul décor, un fond noir, le titre de l’album célébré écrit en grosses lettres blanches comme sur la butte californienne. La chanson-titre a suivi, sa ligne de basse laborant le champ de fans devant les rappers, puis la bondissante Candlewood SuitesXavier Caféine (avec un extrait de sa chanson Montreal (cette ville) en introduction), l’épileptique The womanle funk déchiqueté de James Hyndman Money, Intro + Get at Cody Bangers. Fin du premier chapitre de la soirée.

C’est dans Blue Volvo, chanson tirée de l’album du même nom et interpretée en toute fin du spectacle hier, que Lary Kidd repasse des souvenirs formateurs de jeunesse : « On chantait Kanye 808′ / Moi j’disais tout le temps qu’j’me compare à Lil Wayne ». En 2008 paraissait deux classiques du rap américain moderne, 808 and Heartbreak de Kanye West et al Carter III said by Lil Wayne. Quatre ans plus tard, Loud Lary Ajust faisait irruption avec ce Gullywood qui, à l’époque, sonnait comme le disque le plus moderne que la scène rap québécoise avait à offrir.

On se souvient encore du premier concert de Loud Lary Ajust aux FrancoFolies — était-ce en 2013 ? — sur une petite scène plantée là où fut tout recently inaugurée l’esplanade Tranquille, alors un vague terrain covered with gravel. Il était 11 h, probably un soir de semaine. Une foule monstre devant ces blancs-becs distribuant les claques verbales et les basses tonitruantes. It was electric. Fébriles, nous étions, de la scène à la ruelle adjacente. Ce trio avait réussi à faire ce que les nouvelles stars du rap américain Future, Waka Flocka Flame ou 2 Chainz, pour ne nommer qu’eux, faisaint déjà avec succès : du gros trap sale. Mais en français, avec des sacres bien québécois. C’était pratiquement inédit, et surtout tellement pertinent. Une étoile dans le ciel pour guider la scène : nous aussi, au Québec, nous sommes aussi bons qu’eux, au Sud.

Avec Dead Obies et Alaclair Ensemble, Loud Lary Ajust a ouvert une nouvelle avenue à la scène rap d’ici, et c’est beaucoup ce que nous célébrions hier. Les gars ont poursuivi le concert dans la chronologie, presenting ensuite des chansons du EP Oh mon Dieu! released in 2013, le rythme chaloupé et les synthés 1980 d’ONO jusqu’au rythme trap craquelant de la chanson titre, Lary s’agenouillant devant le moniteur pour scander : « C’est cette putain de Montréalité qui a fait de moi c’que j’suis devenu / Un p’tit fucker arrogant qui veut tout c’qui a sur le menu. » Il avait le feu au derrière, comme d’habitude, alors que Loud arpentait la scène avec cette manière d’être à la fois si calme et si autoritaire. Dix ans d’expérience, ça donne tout un concert.

Au moment de plonger dans Blue Volvole monticule au sommet duquel trônait le DJ Ajust s’est revealed être… une Volvo bleue, l’accessoire de scène plantant le décor pour une finale spectaculare : Rien ne va plus, I have a drink, Mort lens, puis la chanson-titre. Au rappel, XOXOpuis Autumnleur famous collaboration avec Karim Ouellet, à la mémoire duquel Loud Lary Ajust a dédié ce spectacle.

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